Le coquelicot

Le coquelicot (Papaver rhoeas) est une espèce de plantes dicotylédones de la famille des Papaveraceae, originaire d’Eurasie.

C’est une plante herbacée annuelle, très abondante dans les terrains fraîchement remués à partir du printemps, qui se distingue par la couleur rouge de ses fleurs et par le fait qu’elle forme souvent de grands tapis colorés visibles de très loin. Elle appartient au groupe des plantes dites messicoles car elle est associée à l’agriculture depuis des temps très anciens, grâce à son cycle biologique adapté aux cultures de céréales, la floraison et la mise à graines intervenant avant la moisson. Très commune dans différents pays d’Europe, elle a beaucoup régressé du fait de l’emploi généralisé des herbicides et de l’amélioration de la propreté des semences de céréales.

Description

Le coquelicot est une plante herbacée annuelle, rarement bisannuelle, à tiges dressées, généralement non ramifiées, hérissée de poils, pouvant atteindre 60 cm de haut. Lorsqu’on la coupe, la tige laisse échapper un latex blanc, comme les autres pavots.

Le système racinaire est formé d’une racine pivotante et de racines fines et superficielles.

Feuilles

Les cotylédons sont longs, minces, linéaires et prostrés. Les feuilles, généralement alternes, présentent un limbe lancéolé, aux formes variables (lobé, denté, découpé en lobes étroits) chez la plante adulte.

Les premières feuilles (stade 2-3 feuilles) sont ovales, acuminées, entières, pétiolées, glabres. Les feuilles qui apparaissent ensuite sont découpées, oblongues-lancéolées, pennées, formant d’abord une rosette. Les feuilles supérieures sont généralement tripartites, sessiles.

Fleurs

Les fleurs, solitaires, grandes, simples, ont de 7 à 10 cm de diamètre et sont portées par de longs pédoncules velus. Elles comptent deux sépales libres, en forme de coupe, qui tombent dès l’éclosion de la fleur, et quatre pétalespapyracés, le plus généralement rouge vif, mais parfois roses ou blancs, souvent tachés de noir à la base, qui sont froissés dans le bouton avant l’éclosion et qui se recouvrent peu.

Les boutons floraux sont penchés vers la bas avant la floraison.

Les étamines, nombreuses, ont des anthères introrses noir bleuté, portées par de minces filaments noirs.

L’ovaire, supère, uniloculaire résulte de la fusion d’un nombre variable de carpelles (8 à 15) et est divisé par des cloisons incomplètes (qui ne se rejoignent pas au centre) qui portent les ovules anatropes extrêmement nombreux.

Les stigmates (qui reçoivent le pollen) sont réunis en un disque situé au-dessus de l’ovaire présentant de 8 à 15 rayons

Les fruits

Les fruits sont des capsules, sphériques, presque obovales, de 1 à cm de long, contenant une grande quantité de graines minuscules, facilement disséminables par le vent. Ces capsules sèches, à déhiscence poricide, s’ouvrent vers le sommet par une série de valvules (pores) situées immédiatement sous le disque stigmatique et par lesquelles s’échappent les graines lorsque les capsules sont secouées par le vent.

Les graines réniformes sont ridées en réseau à leur surface. De couleur brun sombre, elles font 0,5 mm de long environ et renferment un petit embryon droit inclus dans un albumen oléagineux. Un seul plant peut produire 20 000 graines, voire 50 000 graines. Le poids de 1 000 graines est de 0,1 à 0,2 g.

Où la trouver?

Le long des haies ou les bords de chemins, les talus et terrains vagues. Il apprécie les sols frais, bien pourvus en eau, limoneux à argileux, et contenant du calcaire et des éléments nutritifs

Quand la trouver?

La floraison a lieu principalement au printemps et en été, entre avril et août (dans l’hémisphère nord), mais il arrive qu’une deuxième floraison survienne en automne, vers la fin septembre.

En cuisine

Les jeunes feuilles de pavot peuvent être consommés crues, ou cuits comme les épinards, et utilisées pour aromatiser soupes et salades. Dans le Salento (Italie), on prépare les paparene nfucate en faisant cuire les jeunes feuilles, cueillies avant la floraison, à feu doux dans un peu d’eau avec de l’huile d’olive et des olives noires.

Même si elles sont moins grosses que celles de certains pavots, les graines du coquelicot sont utilisées comme telles en pâtisserie ou pour confectionner des pains aromatisés.

À Nemours, on prépare depuis 1870 des bonbons aux coquelicot et depuis 1996 un sirop et une liqueur de coquelicot.

En médecine

Comme tous les pavots, le coquelicot a des effets narcotiques dus aux alcaloïdes qu’il contient.

En phytothérapie, on utilise ses pétales séchés, qui prennent une couleur lie-de-vin à la dessiccation et dont on fait le plus souvent des tisanes. Ses effets apaisants se font sentir sur l’adulte, mais surtout sur les jeunes enfants (on mélangeait autrefois du coquelicot à la bouillie des enfants pour faciliter leur sommeil). Par ses propriétés émollientes, sédatives légères et béchiques, le coquelicot est un calmant de la toux et des irritations de la gorge. Il est alors utilisé sous forme de pastilles à sucer. Il existe un sirop de coquelicot.

Les pétales séchés de Papaver rhoeas (ainsi que de Papaver dubium) figurent sous le nom de « coquelicot » dans la pharmacopée française.

Les pétales de coquelicot rentrent dans la composition des fleurs pectorales, notamment dans la « tisanes des quatre fleurs » qui comprend en fait sept espèces. 

Fiche descriptive

image: Poppy

Vidéo

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